La réforme de la tarification des énergies suscite le débat

Finance / Budget

Consommer moins pour payer moins. Tel est, dans les faits, le principe du projet de loi concernant la tarification de l’électricité, de l’eau et du gaz, prévu par le gouvernement d’ici la fin de l’année. En théorie, le principe est plutôt séduisant, et apparaît comme une alternative juste pour rééquilibrer la consommation d’énergie. Brièvement, la tarification des différentes énergies fonctionnerait selon plusieurs paliers, instaurant ainsi un système de bonus-malus, destiné à récompenser les attitudes responsables. Seulement, en pratique, cette initiative suscite pourtant la polémique, notamment en raison des inégalités sociales qu’elle risque d’accroître.

La situation énergétique en France

En France, 4 millions de ménages se trouvent actuellement dans une situation énergétique précaire. On entend par là les ménages dont la facture représente 8 % des revenus, soit une part importante.

D’un autre côté, on compte 300 000 ménages bénéficiant des tarifs sociaux en matière de gaz, et 900 000 en matière d’électricité.

Enfin, on estime à 2 900 euros le montant annuel consacré aux dépenses énergétiques par ménage.

Voilà pour les faits. A cela s’ajoute une diversité et une inégalité en termes d’isolation des logements : les ménages les plus précaires, ou les locataires confrontés au refus obstiné de leur propriétaire de réaliser des travaux, subissant de plein fouet une consommation non maîtrisée.

Le problème d’obligation de rénovation, notamment pour les bâtiments anciens, le plus souvent assimilés à de véritables passoires thermiques, constitue à ce titre un problème majeur auquel doit faire face le gouvernement. D’autant plus que le Grenelle de l’environnement prévoit une diminution de la consommation énergétique de 38 % d’ici 2020.

Pour l’instant néanmoins, on est encore loin du compte. Ce qui n’empêche pas le gouvernement en place de proposer des solutions pour agir, et tenter de rétablir un équilibre.

Vers une tarification progressive des énergies ?

C’est en tout cas ce que seront amenés à étudier prochainement les parlementaires, suite à une proposition faite par le député de la cinquième circonscription de l’Isère et conseiller ès énergie du Président François Brottes.

A première vue, l’idée est simple, et a de quoi séduire : plus les ménages consommeraient d’énergie, plus leur facture serait élevée. Ce qui laisse supposer que les ménages les plus sobres énergétiquement, sous-entendu les plus modestes, bénéficieraient d’un coup de pouce fort appréciable.

La réalité est pourtant toute autre, comme le laisse entendre le responsable énergie de l’UFC-Que choisir, arguant que « les ménages qui consomment le plus ne sont pas forcément les plus aisés ». En effet, ce sont les ménages habitant des logements sans isolation thermique, soit par manque de moyens pour entreprendre des travaux, soit confrontés à un propriétaire peu enclin à faire des efforts, qui voient leur note énergétique s’envoler.

D’où le scepticisme ambiant à l’égard de cette proposition partant pourtant d’un bon sentiment. Et ce malgré la mise en place de paliers envisagée, à savoir une consommation de base, facturée 3 à 10 % moins cher qu’actuellement. Suivie d’une tarification « de confort », puis de « gaspillage », censée ne concerner que les ménages abusant délibérément de l’électricité, de l’eau ou du gaz.

Cette proposition risque ainsi de faire couler beaucoup d’encre d’ici sa mise en œuvre. Et même après…




Sur la même thématique

  • No Related Post





.