Le livret A: un placement de père de famille

Finance / Budget

Le Livret A a su s’imposer, au fil du temps, comme la référence en matière d’épargne en France. Si, dans un premier temps, pour garantir la sécurité des placements, sa commercialisation a été essentiellement réservée à la Caisse d’Epargne, depuis le 1er janvier 2009, l’ensemble des organismes bancaires français sont autorisés à le distribuer. Prévu tout d’abord, lors de sa mise en place en 1818, pour renflouer les caisses de l’Etat vidées par la période napoléonienne, il participe aujourd’hui au financement du logement social. L’engouement des investisseurs français pour ce placement peut s’expliquer par son régime fiscal très avantageux, celui-ci faisant partie de la catégorie des livrets réglementés.

De par sa nature, le Livret A reste largement soumis à la volonté du gouvernement, qui dispose du pouvoir de fixer son taux d’intérêt ainsi que son plafond d’investissement. En effet, l’Etat réajuste régulièrement, au 1er février et au 1er août de chaque année, le rendement de ce placement, selon différentes notions telles que l’évolution des marchés financiers ou encore celle de l’inflation. La dernière réévalution n’a toutefois pas tenu compte de ces considérations, le gouvernement n’ayant pas souhaité baisser davantage la rémunération de ce placement, celle-ci ayant déjà atteint un taux historiquement bas, fixé à 1,25 %, à compter du 1er août 2009. Ainsi, le système de calcul prévu visant à détacher le Livret A de toute considération politique, n’a pas totalement porté ses fruits, puisque l’Etat est intervenu pour permettre aux épargnants de continuer à profiter d’un produit financier, toujours très apprécié, leur assurant tout de même un minimum de bénéfices.

Le succès du Livret A tient, tout d’abord, à la grande souplesse de ses règles d’ouverture ; en effet, pour devenir titulaire d’un tel placement il suffit, pour une personne physique, d’avoir sa résidence fiscale établie en France, le titulaire pouvant être majeur ou mineur, même si, dans ce dernier cas, celui-ci doit alors être représenté par son tuteur légal, pour lequel les mêmes exigences s’appliquent.

Il est important de noter que si les personnes morales ne sont pas exclues de ce dispositif, un grand nombre d’établissements leur refuse l’ouverture d’un Livret A, limitant cet investissement aux seules personnes morales n’ayant pas de but non lucratif, telles que les associations loi 1901 ou les organismes de HLM. Si l’ensemble de ces conditions sont respectées, l’ouverture du Livret A n’exige alors qu’un premier versement de 1,50 €, montant représentant également le solde minimum à respecter pour continuer à bénéficier du placement. La gestion de ce placement reste simple, puisque l’ensemble des versements sont libres, leur total ne devant toutefois pas excéder le plafond maximum de 15 300 €, pour une personne célibataire, celui-ci étant porté à 76 500 €, dans le cas d’une personne morale à but non lucratif.

Les intérêts du Livret A sont calculés par quinzaine, ceci signifiant que l’ensemble des opérations effectuées, tant les dépôts que les retraits, ne sont comptabilisés que le premier de la période suivante, soit le 16 soit le 1er ; les sommes ainsi générées n’étant, quant à elles, capitalisées que le 31 décembre de chaque année. Du fait de son appartenance à la catégorie des placements défiscalisés, le versement des revenus produits ne donne lieu à la perception d’aucun impôt, le Livret A étant même exonéré des prélèvements sociaux.

Si le Livret A reste, par le nombre de souscriptions, le placement le plus répandu, il doit désormais subir, du fait de la baisse de son taux, la concurrence d’autres solutions d’épargne telles que l’assurance vie, qui réunit, aujourd’hui, le plus gros volume d’encours dans ce domaine, ou encore celle des super livrets, qui affichent, depuis leur apparition, des rendements toujours plus performants.




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