Les dangereuses facilités du crédit renouvelable

Finance / Budget

Somme d’argent laissée en permanence à disposition des consommateurs, le crédit renouvelable s’assortit de taux d’intérêt très élevés. Beaucoup de situations de surendettement sont nées de ces facilités qui, en fait de coup de pouce, se révèlent un coup de grâce pour ceux qui ne savent pas le maîtriser.

Les deux formes du crédit renouvelable

Le crédit renouvelable consiste en une somme d’argent mise à disposition par l’organisme préteur. Cette somme est utilisable à tout moment, au gré de la consommation, et se renouvelle partiellement au fil des remboursements.

Il s’agira soit d’une ligne de crédit, soit d’une carte de crédit.

La ligne de crédit correspond à une autorisation de découvert renouvelable sur un compte bancaire ouvert par l’établissement prêteur. La somme est utilisable par tout moyen de règlement, chèque ou virement.

La carte de crédit consiste en une carte d’achat nominative, généralement émise par un grand magasin, ou par certains organismes financiers.

La somme accordée dépend du niveau des revenus du souscripteur et des autres crédits déjà en cours. Aussi, les taux d’intérêts pratiqués pour les crédits renouvelables sont parmi les plus forts, pouvant être poussés jusqu’à 22%.

Un contrat annuel

Somme renouvelée au fur et à mesure des remboursements, le crédit renouvelable n’est cependant pas infini. Il est généralement encadré par un contrat d’1 an, reconductible chaque année.

Les conditions générales précisent les conditions de sa reconduction et de sa résiliation, généralement possible jusqu’à 3 mois avant échéance. La négligence de l’organisme sur ces informations ouvre le droit de résilier le contrat à tout moment sans pénalité.

Pour sortir de la spirale de l’endettement à la consommation, il est possible de transformer le crédit renouvelable en un prêt classique pour le solde restant dû et ceci, au plus tard, 3 mois avant l’échéance.

Le fait de ne pas utiliser son crédit renouvelable pendant 2 années consécutives déclenche un courrier de l’établissement prêteur demandant la reconduction ou non de ce crédit. Si ce courrier reste sans réponse, l’organisme résilie d’office le contrat, au plus tard 20 jours avant la date d’échéance.

Il est possible de demander à tout moment de réduire la ligne de crédit, de suspendre le droit à l’utiliser et même de résilier le contrat, en s’acquittant dans ce cas des sommes à rembourser.

Attraits et dangers du crédit renouvelable

Le crédit renouvelable est très apprécié pour sa souplesse. Il n’est utilisé qu’à raison de ses besoins et se résume en une facilité de trésorerie sur un ou deux mois. Cependant, le montant des dépenses est plafonné ou le montant du découvert autorisé est limité. Son usage limité dans le temps et son remboursement immédiat évite tout dérapage.
Le piège du crédit renouvelable est que son taux d’intérêt, très onéreux, est masqué par des mensualités faibles et variables. Aussi, ce crédit est très facilement accordé.

Utilisé pour régler des achats de consommation courante, il est impératif de pouvoir payer en fin de mois l’intégralité des dépenses. A défaut, le consommateur compromet sa situation financière et plonge dans le surendettement. Tentation infinie, la réserve d’argent se renouvelle à chaque remboursement ce qui rallonge proportionnellement les délais de remboursement.

Les mesures de protection

Il est important de considérer la réelle opportunité d’un crédit renouvelable. S’il s’agit de financer un achat ponctuel, il est préférable de contracter un crédit affecté. Les taux sont plus avantageux et le contrat est simplement annulé si la vente n’est pas réalisée.

Si le crédit renouvelable apparaît définitivement plus adapté à ses besoins, alors on tiendra compte des protections qu’offre la loi en matière de crédit :

-      Le demandeur doit recevoir une offre préalable de prêt sur laquelle doit figurer le montant maximal du crédit, son coût total, l’ensemble des conditions et le coût de l’assurance éventuelle

-      Un délai de réflexion de 15 jours doit être respecté pour donner le temps à l’emprunteur d’analyser les stipulations du contrat

-      Tout emprunteur a le droit de se rétracter dans un délai de 14 jours après la signature de l’offre préalable de prêt, ceci pour tous les cas de contrats depuis mai 2011, qu’ils soient conclus à distance ou non.




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